Jeux psychologiques : Le rôle de SAUVEUR

« Laisse… Je vais le faire… »

Nous connaissons tous des gens trop gentils, prêts à aider même (surtout) si on ne leur a rien demandé et qui nous envahissent de leur sollicitude.

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Texte

Jeux Psychologiques : Le rôle de SAUVEUR (Version Texte) :

 

Bonjour,

 

« Laisse… Je vais le faire… »

Nous connaissons tous des gens trop gentils, prêts à aider même (surtout) si on ne leur a rien demandé et qui nous envahissent de leur sollicitude.

Au bout d’un moment nous les fuyons.

C’est que derrière la gentillesse, nous sentons peut-être le jeu de pouvoir : je te montre que je sais mieux faire que toi, ou le risque de la dépendance.

 

Ici Guillemette Moreau, coach et formatrice en entreprise, et coach de carrière.

Avec mes vidéos, j’espère vous aider à créer la vie professionnelle et personnelle que vous souhaitez. Abonnez-vous dès maintenant à ma chaîne…

 

L’aide non demandée est un exemple classique de la 1ère étape d’un jeux psychologique initié depuis la position de « Sauveur ».

Cela peut être plus ou moins subtil.

L’oreille compatissante peut aussi être un piège : « raconte-moi tes malheurs pour que tu te mettes en position de Victime et que je puisse alors t’aider ou que mon écoute te devienne nécessaire ». C’est justement un des risques de la relation d’aide.

L’étape suivante étant la création conscience ou inconsciente d’une dépendance, et éventuellement d’un retournement de situation où vous vous faites taxer d’ingrat si vous souhaitez sortir de cette relation déséquilibrée…

 

Les jeux psychologiques ont été théorisés par Eric Berne, créateur de l’analyse transactionnelle, et il en décrit des dizaines dans son livre célèbre « Des jeux et des Hommes ».

Ensuite Steven Karpman a approfondi le sujet avec son célèbre Triangle avec 3 rôles : Victime – Sauveur et Persécuteur. J’ai d’autres vidéos sur le sujet si vous souhaitez creuser.

 

On peut rentrer dans les jeux psychologiques à partir des 3 rôles mais je veux ici me concentrer sur les jeux initiés depuis le rôle de Sauveur.

Attention je parle bien de rôles psychologiques et non d’un sauveur réel, par exemple qui intervient par suite d’un accident.

 

L’objectif des jeux psychologiques est de renforcer une croyance fondamentale chez la personne qui l’initie.

Des croyances, nous en avons tous et nous jouons tous et souvent à des jeux psychologiques. Souvent de manière inconsciente sauf pour les joueurs professionnels.

Dans le cas du rôle du sauveur, ces croyances, cela peut être par exemple :
– c’est en donnant qu’on se fait aimer
– les autres ont besoin de moi
– je suis vraiment quelqu’un de bien…

Cela peut aussi être le fruit et la nourriture d’une mythologie personnelle de Superman, Zorro et autres redresseurs de torts. Ou pour me permettre d’éviter de penser à mes propres problèmes en m’occupant de ceux des autres.

 

Pour conforter cette croyance, je vais créer des situations où je vole au service de l’autre, même et surtout s’il ne me l’a pas demandé, et c’est là où est le piège.

Mon objectif n’est pas vraiment d’aider l’autre, de lui apprendre à faire par lui-même mais de faire à sa place, de me rendre indispensable, voire de créer une dette. Et aussi de me valoriser à ses dépens.

Je cherche donc une Victime pour me poser en héros, ou parfois aussi un Persécuteur que je vais provoquer, pour créer un conflit ou un drame où j’aurais potentiellement le beau rôle.

 

1er niveau de bénéfices : cela flatte mon ego, j’ai une belle image et je crée des dettes.

C’est très tentant surtout si vous savez faire et que vous aimez briller.

Prenons un exemple : je vois quelqu’un qui débute en planche à neige, qui essaie désespérément de rester en équilibre et retombe les fesses dans la neige.

Je m’approche : je vais t’aider. Sachant que je ne suis pas professeur et que ma pédagogie se limite à faire des virages pour bien montrer que moi, j’y arrive.

 

Mais un bon jeu psychologique, cela ne s’arrête pas là, c’est ce que qu’on appelle l’escalade dans le modèle : je m’arrange pour rendre l’autre dépendant, ou pour le transformer en faire-valoir.

Si l’autre cherche à sortir du jeu, je vais passer en mode Persécuteur : « vu comme t’es doué, ça va prendre du temps… » ou en mode Victime « après tout ce que j’ai fait pour toi… »

Ce changement de rôle, c’est la notion de coup de théâtre dans le triangle de Karpman.

 

Dans le cas de la planche à neige, cela aurait pu devenir :

– Après 10 minutes de pseudo-aide, je vois que la personne m’ignore ou qu’il n’y a pas de public intéressant pour voir ma valeur, j’accuse alors l’autre d’être nul « c’est sûr que vous n’êtes pas très doué » et l’autre épuisé pourrait accepter éventuellement de se dévaloriser « oui, je suis désolée, merci pour tout ». Ou s’il contre-attaque : « eh, je ne vous ai rien demandé », je lâche un « quelle ingratitude » en levant les yeux au ciel.

Et hop, le triangle a pivoté et je deviens le Persécuteur de l’ancienne Victime qui passe en position Sauveur. Et je peux la planter là déprimée ou énervée en toute bonne conscience.

 

C’est un cas classique de « Laisse-moi t’aider », avec des variantes « C’est bien parce que c’est toi » ou bien j’interviens dans une discussion ou un conflit parce que c’est « Juste pour t’aider » …

 

En plus, dans une relation, il y a un historique, des non-dits, des enjeux qui rendent la situation complexe, parfois illisible. Difficile de repérer les jeux en présence dans la grosse pelote émotionnelle !

Mes clients arrivent régulièrement avec des situations de jeux psychologiques établies depuis des années avec un conjoint, un enfant, un chef, un collègue…

La 1ère étape pour en sortir est de prendre conscience du jeu, d’où cette vidéo.

J’imagine que si vous la regardez, vous avez vécu ce genre de situations, partagez vos expériences et vos commentaires sous cette vidéo.

 

Enfin, dans son livre Steven Karpman ajoute encore des niveaux de complexité :

1ère complexité, et il dit que c’est une de ses découvertes majeures, derrière chaque rôle les 2 autres sont présents en mineur et de manière sous-jacente.

Par exemple, une touche de Victime dans mon aide en snowboard serait « Je suis toujours seul pour skier » et une touche de Persécuteur « Je vais leur montrer à tous que je suis bonne »…

Autre complexité :  il y a le jeu extérieur avec les autres, mais nous avons aussi nos jeux intérieurs, avec nous-mêmes… et même des jeux existentiels qui structurent notre vie…

 

Passionnant intellectuellement, pas toujours facile à vivre en réel…

 

Dans d’autres vidéos, je vous parle des autres rôles – Victime et Persécuteur – et aussi de stratégies pour sortir des jeux psychologiques. J’espère que cela vous sera utile.

Et si vous êtes actuellement coincé dans un jeu dont vous ne savez pas sortir, contactez un coach de Coherence Coaching !

 

A bientôt.

Guillemette Moreau, Coach et Formatrice professionnelle chez Coherence Coaching

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