De MAUVAISE FOI ? Moi, jamais !

Bizarrement ce sont en général les autres qui sont de mauvaise foi mais pas moi…

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Comment gérer la mauvaise foi ?

Texte

De MAUVAISE FOI ? Moi, jamais ! (Version Texte) :

 

Bonjour,

 

Bizarrement ce sont en général les autres qui sont de mauvaise foi mais pas moi…

1ère hypothèse : je suis une exception de perfection et ne suis vraiment jamais de mauvaise foi.

2ème hypothèse : je souffre d’un léger aveuglement envers moi-même.

Et vous, cela vous arrive parfois d’être de mauvaise foi ?

 

Ici Guillemette Moreau, coach et formatrice en entreprise, et coach de carrière.

Avec mes vidéos, j’espère vous aider à créer la vie professionnelle et personnelle que vous souhaitez. Abonnez-vous dès maintenant à ma chaîne…

 

La mauvaise foi, c’est affirmer quelque chose tout en sachant que c’est faux, enfin que ce n’est pas vrai, enfin pas tout à fait, ou en omettant le contexte…

Bref j’arrange mon histoire à mon avantage pour bien paraître, sauver la face, mieux gérer mon sentiment d’échec ou ma culpabilité.

 

Et c’est humain !

Prenons des cas totalement fictifs :

Pour sauver la face :

  • Comment avouer à mon nouvel amoureux que finalement je ne suis pas la déesse du ski que j’ai annoncée ? Ah j’ai mal à la cheville aujourd’hui…
  • Ou à mon nouvel employeur que je me suis trompée dans l’estimation budgétaire du projet…

Le problème c’est que cela peut se transformer en spirale, où je m’enfonce de plus en plus pour justifier mes insuffisances précédentes.

Il y a aussi tout bêtement le miroir déformant pour montrer nos bons côtés : en entretien de recrutement ou en date avec le futur amour de votre vie, allez-vous vraiment être 100% honnête ? Oh il ne s’agit pas de mentir forcément, juste de sélectionner la vérité qui nous arrange…

 

Cela a été étudié en psychologie sociale et il y a 3 concepts ou paramètres que je trouve vraiment intéressants pour comprendre comment nous nous auto-manipulons pour croire finalement à notre vérité :

 

1) La dissonance cognitive :

Quand la réalité rentre en conflit avec mes croyances, je préfère changer la réalité plutôt que remettre en cause mes croyances.

Cela peut prendre plusieurs formes : changer mes sources d’information, changer carrément ma perception de la réalité – je filtre en fonction de ce que je veux voir -, changer mon interprétation des faits, éviter les sources de ces informations…

Par exemple, comme dans la fable de La Fontaine, les raisins deviennent trop verts quand ils sont inaccessibles.

Ou même je crée de nouvelles croyances qui réduisent la 1ère dissonance.

Par exemple l’équipe autour de Festinger qui ont conceptualisé ce phénomène ont étudié les membres d’une secte qui avaient préparé la fin du monde à une date précise… et rien ne s’était passé. Donc ils étaient vivants mais avaient une grosse dissonance cognitive par rapport à leurs croyances! Et plutôt que de les remettre en cause, ils ont créé une nouvelle croyance – les extra-terrestres auraient donné une 2ème chance à l’humanité – ainsi la réalité et la 1ère croyance étaient compatibles.

 

2) L’erreur d’attribution :

Ça c’est un concept que je trouve fascinant.

En très résumé, cela explique nos biais naturels à lier nos échecs ou nos réussites – ou ceux des autres – à la personne intrinsèque ou à l’environnement.

Si je réussis, c’est bien sûr grâce à mes qualités propres, mais quand j’échoue c’est souvent la faute des autres, de la météo, de la qualité du terrain, bref je suis un peu mauvais perdant.

A l’inverse, quand l’autre réussit, j’ai tendance à dévaloriser sa performance en surestimant les facteurs externes aidants, en gros il a eu de la chance. En revanche quand il échoue, j’ai plutôt tendance à relier cela à ses faiblesses ou manque de compétence.

On suppose que cette « erreur fondamentale d’attribution » a pour fonction de nous permettre de sauvegarder notre estime de nous-mêmes.

 

Si on combine cela avec le point précédent, de la dissonance cognitive, cela aide à expliquer en partie l’ethnocentrisme, le racisme ou le sexisme.

Par exemple si ma croyance est que les femmes sont moins douées en sciences que les hommes, et qu’une femme – en plus dans mon labo, une rivale ! – reçoit un prix scientifique, je vais dévaloriser le prix en question, dévaloriser sa performance en l’attribuant à des facteurs externes : son sujet est à la mode, elle avait une bonne équipe, et je vous passe les commentaires sur son physique…

J’ai dit cela aide à explique, cela n’excuse pas…

 

3) Enfin, la manière dont fonctionne notre mémoire :

A chaque fois que nous retraitons un souvenir – par exemple à chaque fois que je raconte mon accrochage de voiture de la veille – je filtre les informations de manière légèrement différente, en fonction de mon auditoire et de ses questions, en fonction de mon humeur, par exemple après relecture de mon contrat d’assurance et du montant de la franchise…

Ou tout simplement à chaque fois que je me raconte l’histoire dans ma tête.

Et sans doute aussi pendant mon sommeil quand mon cerveau retraite l’information…

Donc cette histoire évolue, je crée la version 2,3,4… qui va remplacer la précédente, dans mon disque dur interne.  Et cela devient ma vérité, et j’en suis convaincue.

Cela explique en partie pourquoi des témoins d’accidents, surtout après quelques jours, quelques mois, ont des versions assez différentes de l’événement…

 

Bref, nous faisons tous nos petits arrangements avec la vérité, de manière plus ou moins consciente.

Alors la prochaine fois qu’on vous accusera de mauvaise foi, ne vous braquez pas et peut-être étiez-vous de mauvaise foi, presque en toute bonne foi 😊

 

A bientôt.

Guillemette Moreau, Coach et Formatrice professionnelle chez Coherence Coaching.

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