De l’Utilité de la COLÈRE

La colère est une émotion inconfortable.

Nous avons en général été éduqués à être gentil, à « nous maîtriser », être bon perdant.

Donc à gérer notre colère de manière socialement acceptable. Et souvent, à faire comme si cette colère n’existait pas.

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Texte

De l’Utilité de la COLÈRE (Version Texte) :

 

Bonjour,

 

La colère est une émotion inconfortable.

Nous avons en général été éduqués à être gentil, à « nous maîtriser », être bon perdant…

Donc à gérer notre colère de manière socialement acceptable. Et souvent, à faire comme si cette colère n’existait pas.

Mais la colère c’est une émotion et quand elle est là, elle est là. Et elle a sans doute une bonne raison (ou une mauvaise) raison d’être là…

 

Ici Guillemette Moreau, coach et formatrice en entreprise, et coach de carrière.

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La base de la colère, c’est une réaction physiologique pour me permettre de combattre face à une agression physique ou morale.

Quelqu’un m’agresse, ou empiète sur mon territoire, la pression monte, le cœur s’emballe, je deviens toute rouge…
D’ailleurs la colère se voit, elle cherche à impressionner l’adversaire. Et je suis prête à passer à l’action, pas toujours de manière subtile !

C’est donc le schéma de base de la colère, et c’est très utile comme signal d’alarme face à une agression et pour me préparer quasi instantanément à réagir.

J’espère que cela ne vous arrive pas souvent dans votre vie quotidienne, mais la colère peut être vraiment utile.
Cela m’est arrivé une fois au boulot face à de l’intimidation physique et cela fait bizarre d’être en mode combat dans un bureau, surtout une femme face à un homme qui fait une tête de plus que vous.
Et c’est encore plus bizarre a posteriori de voir ce que la colère nous donne comme ressources !

 

Une version plus élaborée de la colère, c’est quand ce n’est plus lié à une agression mais à une frustration.

  • Des événements se mettent en travers de mes plans, l’embouteillage, la panne de métro
  • Ou des personnes ne font pas ce que j’avais prévu (pour moi ou pour elles) ou bien agissent de manière qui froisse mes valeurs

Bon en gros la réalité ne correspond pas à mon plan ou à mon désir.

Et tel le gamin dans le supermarché, je fais une colère pour avoir ce que je veux !
Avec l’âge on est censé intégrer le principe de réalité et arrêter ce genre de comportements mais pas toujours.
Quand l’ego rentre en jeu, ou les jeux de pouvoir, avec une belle escalade si la personne en face de nous résiste – et même nous nargue – cela revient vite.

Là aussi la colère est un signal d’alarme, et elle nous permet de mieux nous connaitre : quels sont mes sources typiques de frustrations, mes « orteils sensibles », mes sources favorites de pétages de plombs.

J’ai fait une vidéo à ce sujet, elle sera en suggestion à la fin de cette vidéo si vous souhaitez creuser ce sujet.

 

Donc la colère nous renseigne sur des agressions et sur mes frustrations pour me pousser à agir.

Mais ce n’est pas toujours aussi simple.

Et il y a au moins 3 paramètres qui compliquent la situation :

  1. L’interprétation que je fais de l’événement
  2. Le fait que la colère est souvent une émotion secondaire qui masque d’autres émotions derrière.
  3. L’amalgame entre l’émotion – la colère – en tant que telle et les comportements qui s’en suivent c’est-à-dire ma gestion de la colère.

 

Alors je reprends ces 3 points :

 

1 – L’interprétation que nous faisons des événements :

Nous avons chacun nos sensibilités, nos susceptibilités et notre historique avec des types de situation ou des personnes.

Pour certains le moindre retard à un rendez-vous est interprété comme un manque de respect. Mais votre irritation sera peut-être incongrue pour celui ou celle qui est juste « tellement content de vous revoir » mais qui arrive en retard.
Les remarques sur mes kilos en plus en fin d’hiver ont un goût différent si cela vient de mon fils de 8 ans, mon médecin ou ma cousine Arlette taille mannequin depuis l’enfance et toujours à donner des leçons de diététique à tout le monde.
Et au bureau, les « tu aurais pu mieux faire cela » sonnent différemment si c’est mon chef aidant ou mon collègue rival.
Bref vous avez compris…

Donc un peu de travail en intelligence émotionnelle pour comprendre vos interprétations favorites et vos réactions émotionnelles type est bien utile pour vous épargner certaines colères inutiles.

Parfois les interprétations sont devenues des certitudes, et cela tourne aux projections, aux lectures de pensée, voire à une sorte de paranoïa.
Le monde est contre moi, de toute façon il le fait exprès, je savais bien qu’elle voulait me mettre des bâtons dans les roues.
Et c’est un cercle vicieux, je suis irrité, le stress augmente, je perds ma lucidité, je deviens encore plus irritable, je gère mal ma colère, j’ai des conflits relationnels, je me crispe et aussi plus cela devient de la faute des autres…
La colère s’auto-alimente et est stérile puisque je rejette la faute sur l’autre pour éviter de réfléchir sur moi-même et prendre la responsabilité de ma réaction.

Alors si vous avez régulièrement la conviction que le monde est contre vous, peut-être est-ce le moment de prendre du recul et de réfléchir à votre rôle dans tous ces conflits…

 

2 – La colère comme émotion secondaire.

Je prends un exemple réel : il y a quelques années, j’étais avec un de mes neveux enfant en ville, il était juste derrière moi et quand je me suis retournée pour lui parler, il y avait un individu tout près de lui, en train de lui dire qu’il est mignon. De surprise, de peur, j’ai hurlé sur la personne, et après j’avais l’air bête – visiblement ce n’était pas bien méchant – et mon neveu était terrorisé ! Bon je crois qu’il m’a pardonné depuis 😊

Donc en l’occurrence ma colère était une émotion secondaire à ma peur.

Et la colère peut être aussi une émotion secondaire à la tristesse par exemple, c’est d’ailleurs une des phases du deuil.

Selon nos personnalités, il y a des émotions plus difficiles que d’autres à gérer.
Et cela peut aussi dépendre de l’environnement ou du contexte social ou culturel : par exemple la peur ou la tristesse ne sont pas vraiment valorisées dans un environnement professionnel.

Alors parfois la colère permet d’exprimer ma souffrance d’une manière plus acceptable.
L’agressivité protège et est même parfois valorisée socialement comme signe de force (!).

 

3 – Enfin l’amalgame entre l’émotion colère et ce que j’en fais.

Il y a 2 cas extrêmes dans la gestion de la colère : l’exposition ou l’implosion.

L’explosion, c’est la violence, la cocotte-minute en surpression, et cela fait des dégâts collatéraux.
Les autres vous fuient, sont sur la défensive ou au contraire se défendent avec escalade d’agressivité.

A l’inverse, l’implosion, c’est quand je prends sur moi, je ravale ma colère.
On nous a répété avec de bons principes éducatifs et moraux que ce n’est pas bien de « se mettre en colère », et on en a déduit que la colère en elle-même est mauvaise.
Donc je refoule ma colère, et la pression augmente mais cachée, pas bon pour notre cortisol.

Ou encore je transforme cela en une émotion plus acceptable pour moi, par exemple la tristesse.
C’est le phénomène inverse du précédent.

 

Donc si je résume :

La colère est une émotion – ni bonne ni mauvaise – c’est un signal d’alarme, utile pour repérer les agressions externes ou nos frustrations.

A nous de prendre le message et de choisir ensuite comment nous la gérons.

Mais certains biais alimentent ou transforment notre colère et nous la rendent souvent difficile à déchiffrer.

Notamment le filtre de nos interprétations, le fait qu’elle peut masquer d’autre émotions et enfin la manière dont je la gère.

 

J’espère avec cette vidéo vous avoir donné envie de mieux comprendre vos émotions – et notamment votre colère pour sortir des cercles vicieux de l’agressivité ou du refoulement.

 

A bientôt !

Guillemette Moreau, Coach et Formatrice professionnelle chez Coherence Coaching.

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