Biais de Confirmation (et Covid-19)

Le biais de confirmation : comment nous filtrons et interprétons la réalité en fonction de nos croyances et de nos apriori…

Texte

Biais de Confirmation et Covid-19 (Version Texte) :

 

Bonjour,

 

Savez-vous pourquoi pendant des décennies, les orchestres de musique classique étaient essentiellement masculins ?
Oui oui les hommes étaient bien meilleurs aux auditions que les femmes.

Je suis Guillemette Moreau, coach et formatrice en entreprise, et coach de carrière. Avec mes vidéos, j’espère vous aider à créer la vie professionnelle et personnelle que vous souhaitez.

 

Je fais cette vidéo suite à toutes ces discussions sur les réseaux sociaux, tous ces courriels et messages que j’ai reçus pendant la période de la Covid-19.

Pour ou contre le confinement puis le déconfinement, pour ou contre tel traitement, pour ou contre la fermeture des frontières, des écoles, la reprise du travail, la réouverture des écoles…

Je suis sûre que vous avez vécu cela, et peut-être – sans doute – avez-vous participé à faire circuler telle information qui vous semblait recevable, ou à attaquer celles que vous rejetiez.

 

Un des biais cognitifs les plus marquants, c’est le fait que nous filtrons inconsciemment l’information en fonction de nos croyances et nos aprioris.

 

Donc je reprends mon histoire d’orchestre, les artistes masculins étaient donc bien meilleurs que leurs collègues femmes.
Jusqu’au jour où on a organisé les auditions à l’aveugle, sans donner le nom des candidats et derrière un rideau. Et là les orchestres sont devenus de plus en plus mixtes…
Alors on ne saura jamais ce qui était dû aux filtres conscients ou inconscients des jurys, laissons – leur le bénéfice du doute…

 

Ce biais de confirmation, c’est donc que je trouve ce que je cherche.

Et c’est bien connu en politique, en sciences, en business, ou dans les relations de couple.

 

La 1ère étape – elle est assez consciente – c’est où je cherche l’information.

On ne peut pas tout lire, et donc je vais choisir de lire le Figaro ou Libé, de regarder Fox News ou CNN… mais rarement les 2.
Il y a donc un 1er filtre évident dans mes sources d’information.

Et de manière paradoxale, trop de choix tue le choix.
Lors du développement des radios libres dans les années 80 en France, il y avait eu des études sur ce que les gens écoutaient. Alors oui il y avait des radios thématiques qui permettaient à certains experts de creuser leur répertoire mais pour la plupart des gens, cela avait réduit leur univers musical, et cela a été la création des Top 50, 100 qui passaient en boucle sur les radios et limitaient la diversité musicale.

Le groupe qui nous entoure va en général renforcer ce biais, c’est une des sources de la polarisation politique.
En général nous aimons peu le conflit et allons choisir nos amis parce qu’ils nous ressemblent, ont les mêmes intérêts, ou des valeurs compatibles.
Cela renforce ma conviction de faire les bons choix, d’être quelqu’un de bien…
Mais cela risque de restreindre les opinions contradictoires autour de moi.

 

2ème étape, c’est l’interprétation des faits que j’ai sélectionnés.

Et quand le stress s’en mêle, cela augmente ce biais de confirmation.
Alors quand on est confiné chez soi, bombardé en permanence d’informations changeantes, de scénarios catastrophiques, je vais chercher quelque chose qui me réconforte, et me conforte dans ma vérité.

Cela peut aussi augmenter les suspicions, et dans ces derniers mois vous avez certainement reçu des messages avec différentes théories du complot, parfois contradictoires, ou qui changeaient avec le temps, ou avez-vous-même eu des doutes sur les discours officiels.

Notre esprit a besoin de logique et quand il n’y en a pas, je vais en créer une même temporaire, même insatisfaisante.

 

Enfin sous stress, pour la plupart d’entre nous, l’action rassure.

C’est un autre biais connu dans la prise de décision.
Quand je suis dans un dilemme, je préfère faire quelque chose tout de suite, même illogique, même contre-productif à plus long terme plutôt que de rester avec le sentiment d’impuissance.
Donc je partage des tas de choses sur les réseaux sociaux, je prends parti, je m’engueule éventuellement avec mon beau-frère – non je n’ai pas de problème avec mes beaux-frères ! – et cela accentue encore mon stress.

 

Cela arrive dans toutes les sphères de notre vie, professionnelle, personnelle, tous les jours à petite dose.

Mais nous l’avons tous vécu de manière assez intense ces dernières semaines.

J’espère qu’on n’aura pas prochainement une nouvelle période de confinement.
Mais la prochaine fois où la pression montera avec votre conjoint ou conjointe ou avec un collègue, peut-être que vous rappellerez :

  • Que nous filtrons la réalité en fonction de ce que nous croyons et que nous avons tendance à nous entourer de gens qui nous confortent dans nos convictions
  • Que sous stress, et dans l’incertitude, je préfère créer du sens via une interprétation même peu solide
  • Que l’action rassure et je préfère faire quelque chose même illogique plutôt que d’attendre

Bref nous sommes tous humains et la vérité n’existe qu’à l’aune de notre point de vue…

 

Alors que faire ?

Connaitre tous ces biais de manière théorique ne suffit pas.
C’est la définition des biais, on n’en est pas conscient donc je ne peux pas les enlever de mon cerveau.

En revanche je peux mettre en place des environnements et des procédures pour limiter leur impact.

La plus évidente, c’est la notion d’avocat du diable : bâtir une contre-argumentation à mon opinion.
C’est difficile de faire cela tout seul, quand je suis convaincu de quelque chose. Mais en fait, c’est la base de la dialectique thèse-antithèse-synthèse.

Et cela devrait se faire dans toutes les organisations sur les décisions importantes.
Avoir une personne ou un groupe qui a pour rôle de soutenir l’option 1 et une autre personne ou un autre groupe qui a pour rôle de soutenir l’inverse. Je dis bien pour rôle, pour éviter que cela crée des conflits de personnes.
Si ce sujet vous intéresse, j’organise des ateliers sur la prise de décision, en présentiel ou par vidéo, contactez-moi.

 

Alors je reviens au biais de confirmation et à la Covid-19.

Si vous avez des relations qui se sont distendues ces dernières semaines suite à des prises de position contraires aux vôtres, peut-être que faire suivre cette vidéo à ces personnes serait un signe d’ouverture pour renouer le contact de manière plus apaisée ?

 

Si cette vidéo vous a intéressé, abonnez-vous maintenant à ma chaîne, et partagez vos commentaires et expériences sous cette vidéo.

A bientôt.

Guillemette Moreau, Coach et Formatrice professionnelle chez Coherence Coaching

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