Six types de personnalité. À première vue, cela ressemble à six cases, et c'est le contresens le plus répandu sur le Process Communication Model.
Car voici la vraie proposition du modèle : ces six types, vous les avez tous. En vous, en ce moment.
Ce qui vous rend unique, ce n'est pas « votre type », c'est l'ordre et l'intensité avec lesquels ces six énergies sont empilées dans votre immeuble de personnalité.
Dans cet article, je vous présente de manière synthétique les six habitants de votre immeuble : leur façon de percevoir le monde, leurs forces, leur carburant, leur manière de communiquer et leurs premiers signaux de stress.
En les lisant, vous vous reconnaîtrez dans plusieurs portraits, c'est normal, et c'est même le signe que vous lisez bien.
Un mot sur les noms : la terminologie officielle a évolué.
Travaillomane est devenu Analyseur, Rêveur est devenu Imagineur, Rebelle est devenu Énergiseur, des appellations plus justes, car les anciennes prêtaient à jugement.
Vous croiserez encore les deux sur le web ; elles désignent les mêmes types. J'utilise ici les noms actuels, anciens noms entre parenthèses.
Le type Analyseur (anciennement Travaillomane) : la pensée structurée
- Sa perception du monde
La pensée. Le type Analyseur prend contact avec la réalité par les faits, les données, la logique. Sa question spontanée : « Est-ce que c'est clair, exact, cohérent ? »
- Ses forces
Organisé, responsable, logique. C'est lui qui structure les projets, fiabilise les livrables, repère l'erreur de calcul en page 12 que tout le monde avait manquée.
- Son carburant
La reconnaissance de la qualité de son travail : précise, argumentée, pas un vague « bravo ».
La structuration du temps : savoir qui fait quoi, pour quand.
- Comment lui parler
Par questions factuelles, avec des informations complètes et des échéances claires.
« Quelles données te manquent pour finaliser jeudi ? »
- Ses premiers signaux de stress
Il sur-détaille, complexifie, vise une perfection inutile.
Puis, si rien ne change, sur-contrôle et critique ce qui n'est pas « assez rigoureux ».
- On le sous-estime quand…
On prend sa demande de précision pour de la rigidité. C'est sa manière de sécuriser le collectif.
Le type Persévérant : la force des convictions
- Sa perception du monde
Les opinions. Le type Persévérant évalue ce qu'il rencontre à l'aune de ses valeurs.
Sa question spontanée : « Est-ce que c'est juste, digne de confiance, conforme à ce qui est important ? »
- Ses forces
Engagé, observateur, consciencieux. C'est le gardien du sens et de la qualité, celui qui tient bon quand tout le monde lâche, celui dont la parole engage.
- Son carburant
La reconnaissance de son engagement dans son travail.
La reconnaissance de ses opinions. Être consulté avant la décision compte souvent plus pour lui que la décision elle-même.
- Comment lui parler
Lui demander son avis, ses suggestions.
« Qu'est-ce que tu penses de cette orientation ? » ouvre la porte. « C'est décidé, point » la ferme durablement.
- Ses premiers signaux de stress
Il attend des autres d'être « à la hauteur » dans leur engagement dans le travail et la qualité délivrée, et risque de se focaliser sur ce qui ne va pas.
Si cela ne change pas, peut partir en croisade pour imposer ses convictions.
- On le sous-estime quand…
On prend son exigence pour du dogmatisme. C'est sa manière de protéger ce qui compte.
Le type Empathique : l'intelligence du lien
- Sa perception du monde
Les émotions. Le type Empathique ressent avant de penser.
Sa question spontanée : « Comment vont les gens, et comment est l'ambiance ? »
- Ses forces
La capacité d'être chaleureux, sensible, à l'écoute. C'est le baromètre relationnel de l'équipe, celui ou celle qui perçoit les tensions avant tout le monde et qui fait que chacun se sent accueilli.
- Son carburant
La reconnaissance en tant que personne au-delà de sa production.
La satisfaction de ses besoins sensoriels : un cadre agréable, une atmosphère harmonieuse.
- Comment lui parler
Par le canal dit « nourricier » : prendre de ses nouvelles sincèrement d'abord, le dossier ensuite. Le lien n'est pas un préambule, c'est la condition.
- Ses premiers signaux de stress
Va se sur-adapter à l'autre pour éviter le conflit ou de mettre la relation en péril.
N'ose plus dire non, transforme ses affirmations en questions, puis risque de commettre des erreurs inhabituelles et de se dévaloriser.
- On la sous-estime quand…
On prend sa gentillesse pour de la faiblesse. Créer et maintenir du lien est une compétence stratégique, pas un supplément d'âme.
Le type Imagineur (anciennement Rêveur) : la profondeur du recul
- Sa perception du monde
L'imagination, la réflexion intérieure. Le type Imagineur a besoin de laisser les choses infuser.
Sa question spontanée (intérieure) : « Qu'est-ce que cela m'évoque, où cela mène-t-il ? »
- Ses forces
Calme, imaginatif, réfléchi. C'est lui qui garde la tête froide dans la tempête, qui voit les implications à long terme, qui produit les analyses de fond que personne d'autre n'a le calme de mener.
- Son carburant
La solitude : des plages de temps sans sollicitations, pour penser calmement.
- Comment lui parler
Par le canal directif, bienveillant et explicite : « Prépare la synthèse pour jeudi, s'il te plaît. »
Sans consigne claire, il reste en attente ; ce n'est ni de la passivité ni du désintérêt.
- Ses premiers signaux de stress
Il encaisse sans rien demander, se met en retrait pour se protéger par exemple d'un environnement trop excité ou trop chaotique pour son besoin de calme.
Puis se retire complètement, parfois en restant présent physiquement mais absent psychologiquement.
- On le sous-estime quand…
On confond son silence avec du vide. C'est généralement là que se passe la réflexion la plus riche de la pièce.
Le type Promoteur : l'énergie de l'action
- Sa perception du monde
L'action. Le type Promoteur vit dans l'ici et maintenant du mouvement.
Sa question spontanée : « Qu'est-ce qu'on fait, et qu'est-ce que ça rapporte ? »
- Ses forces
Adaptable, charmeur, fonceur. C'est l'homme ou la femme des situations critiques : négociation tendue, lancement impossible, crise à gérer… Il ou elle avance quand les autres délibèrent.
- Son carburant
L'excitation : des défis, des enjeux, des résultats rapides et tangibles.
- Comment lui parler
Court, direct, orienté résultat : « Décroche ce contrat d'ici vendredi. »
Les longues explications l'éteignent ; le défi l'allume.
- Ses premiers signaux de stress
Il attend des autres qu'ils se débrouillent sans soutien, parfois pour les « tester » et pouvoir les considérer.
Face à des contraintes qui l'empêchent d'avancer : peut prendre des risques inconsidérés, forcer la main, créer du conflit pour générer l'adrénaline qui lui manque.
- On le sous-estime quand…
On prend son impatience pour de la désinvolture. Sa capacité à agir sous pression est une ressource rare.
Le type Énergiseur (anciennement Rebelle) : la créativité spontanée
- Sa perception du monde
Les réactions. Le type Énergiseur réagit à ce qu'il rencontre — j'aime, j'aime pas — avec une spontanéité communicative.
Sa question spontanée : « Est-ce que c'est fun, est-ce que ça me branche ? »
- Ses forces
Spontané, créatif, ludique. C'est lui qui débloque le brainstorming avec l'idée à laquelle personne n'avait pensé, qui dédramatise les situations lourdes, qui met de la vie dans l'équipe.
- Son carburant
Le contact ludique : des interactions vivantes, de l'humour, du jeu, de la variété.
- Comment lui parler
Avec énergie et légèreté. Une pointe d'humour et un échange informel obtiendront ce qu'aucun mémo solennel n'obtiendra.
- Ses premiers signaux de stress
S'agite, commence sans finir, comprend de travers.
Puis râle, dit « oui mais » et rejette la responsabilité sur les autres ou « le système ».
- On le sous-estime quand…
On prend sa légèreté pour de l'immaturité. L'humour et la créativité sont ses outils de travail, pas des distractions.
Et maintenant : lequel êtes-vous ? (Question piège)
Si vous vous êtes reconnu dans trois ou quatre portraits, tout va bien : vous venez de rencontrer les habitants de votre propre immeuble.
La vraie question n'est pas « lequel suis-je ? » mais :
- Lequel est mon rez-de-chaussée (ma Base, c'est-à-dire ma manière naturelle de percevoir et communiquer) ?
- Lequel est actuellement mon moteur (ma Phase, c'est-à-dire mes besoins et mon stress du moment) ?
- Lesquels sont mes étages supérieurs : ceux qui me sont moins naturels, me demandent de l'énergie et que je gagne à muscler ?
→ Pour approfondir : Base et Phase : pourquoi votre personnalité « change ».
Deux mises en garde de praticienne pour finir
- Résistez à la tentation de « profiler » votre entourage après cette lecture.
Les hypothèses d'observation servent à mieux communiquer, jamais à cataloguer ou à confronter (« toi, t'es tellement Persévérant ! » est exactement la phrase à ne pas dire). - L'auto-diagnostic peut être trompeur.
Notamment parce qu'on confond très souvent sa Base et sa Phase. Seul un inventaire de personnalité débriefé et discuté avec un coach ou un formateur certifié permet d'établir votre structure avec fiabilité.
Questions fréquentes sur les 6 types de personnalité PCM
Y a-t-il des types plus fréquents que d'autres ?
Les répartitions varient selon les populations et les contextes.
Retenez surtout qu'aucune structure n'est meilleure qu'une autre et que chaque environnement professionnel attire des profils différents.
Les types sont-ils liés au genre ?
Non : les six types existent chez les femmes comme chez les hommes.
Les stéréotypes de genre peuvent en revanche influencer la façon dont un même type est perçu, raison de plus pour se méfier des jugements rapides.
Peut-on développer un étage élevé de son immeuble ?
Oui, c'est même l'un des objectifs d'une formation PCM : apprendre à « monter dans ses étages » pour rejoindre ses interlocuteurs.
La structure ne change pas, la flexibilité s'entraîne.
Pourquoi les noms ont-ils changé ?
Parce que Travaillomane, Rebelle ou Rêveur véhiculaient malgré eux des connotations négatives.
Analyseur, Énergiseur et Imagineur décrivent les mêmes réalités en mettant l'accent sur la force du type. C'est ainsi plus fidèle à l'esprit du modèle : aucune personnalité n'est un problème.



